Écrivain & poète

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Poésies





La chanson des ennemis


Regarde,

Nous sommes ennemis et pourtant je viens

Sans armes,

Entier, te tendant la main

Je suis différent de toi, en fait je ne te ressemble pas

Si l’on se croisait nous nous battrions comme des rats

Mais pas aujourd’hui

Aujourd’hui je viens et te tends la main

Tes frères portent une haine en leurs cœurs de lions

À l’égard des miens,

Certains-même ont fait parler leurs canons


Il en est de même pour nos patriciens

Sans état d’âme ils percent vos seins

Nulle ombre d’un remord n’obscurcit leur flamme


Paroles ! Ils n’en seraient que fiers ! Mais leurs dames…

Errantes pleureuses, entachant les landes

Fleurant l’éternel échec qui leur fît amende


Quand aux enfants…

Déchirés par la perte ultime

Gagnés par la cause, paieront la dîme

Et c’est sans ciller

Qu’ils vont continuer


Ne vois-tu pas mon cher ?

Mon ennemi de naguère…

Que cette farce est vaine !

Ce même sang coule dans nos peines !

Et ce regard, qui a vu tant d’amour, […tu te rappelles hein, dis ?...]

Perdu ses joies, renaître aux fours

De nos instants de sagesse

Quand nos mains lâchent la paresse !

Tu as senti mes joies, pleuré mes peines

Tu as serré mes mains quand j’étais blême.


Paroles ! Mensonges en fait !

Mais non ! C’est un jour de fête !

J’ai claqué des dents quand le froid te gagnait

Dompté ces murènes quand la rage montait


Alors, as-tu enfin compris ?

Cette lutte est lasse

Alors sortons tous deux des abris

Viens que je t’embrasse !

Mon frère ! Tu as saigné comme moi

Quand on s’est toisé

D’une haine nous avons fait une loi

Nous nous sommes trompés

La colère amère, qui scelle les bois

Laqués des cercueils

Ne mènent qu’aux deuils


Alors je t’en prie

Je t’invite ici

À changer nos rites

Nous prendrions amènes la vie par la main

Boirions la même eau

Mangeant le même pain

Viens ! Rions du passé ! Enterrons nos sabres !

Dansons à nos vies, saluons le jour, embrassons cet arbre !

Et les charmes inconnus se dévoileront à nous

Car l’espoir est maître en terre de dégoût

Je t’invite enfin à venir chez nous

Mon frère

Tu es mon sang, tu es mes rêves

Et chaque sentiment est pur

Naissang dans les cris

Mourant dans l’azur

C’est à l’encre du firmament que l’on écrira

Le futur


Un même manteau d’inquiétude te revêt

Viens, je te l’ôte

Tu n’as plus qu’un pas

Et nous serons prêts

Tu n’as plus qu’un pas

Et nous serons là




La Dame



Je fais souvent ce rêve

Larmes du style

Je la poursuis sans fin

Blonde platine

Elle pousse un landau

Marche intestine

Sa nuque m’est connue

Illusions !

Je veux la saisir !

Des bracelets de son

La voir et lui dire

La fin des hérons

À quel point je l’aime

Dorades funèbres

Et que j’aimerais filer

L’azur ! Lacustre !

Á nouveau avec elle

Toile d’araignée !

Ce beau collier de perles

Richesse, passé !

Que j’ai jadis porté

. . .

Elle file lentement,

Et moi c’est encore pire

Je porte les vêtements

Trop amples du sire

Elle pousse un enfant

Ce n’est pas mon avenir

J’appuie, séant

Sur son épaule saphir

Elle se retourne

Enfant !

Son visage est en cire.






Infants

Oh merci pour ces vies !

Avec tant d’étonnements, de largesses et d’esprit

Tous ces petits regards aiment avec force et défi

Toute forme qui respire, agit ou gît


D’expériences diverses

Un savoir se déverse

Dans les petites caboches

Ils sont mignons ces mioches


Leurs chants sont puissants

Tout comme leurs sentiments

Et leur être est pur

Leurs sources ont de l'envergure


Si petits et faibles, on les tient par les doigts

Mais aucun savoir aucune loi, jamais ne les empêchera

De savoir, d’être gai et même

Lourds quelques-fois

Mais jamais ennuyants !

Souvent souriant


Quels parjures, ces bambins

Fracassant les refrains

Bégayés à tue-tête

Quel poisson sans arrête !

Les tous petits minois sont très fragiles toutefois


Le devoir est nacré

De tous les protéger


Faille sans nom, emporte donc le premier

Qui blasphème leur nom, ou salissent leur ave


Mais une stèle en effet

Est prévu pour le vrai

Tous les anges je le sais

Les attirent là-haut

Vers quelque chose de beau.



Edoran


Je suis parti sur d'autres bases l'ami

Je n'ai plus de revanche à prendre, sur toi comme sur lui

Je n'ai pas lâché mes rêves et encore moins mes doutes,

Il n'y a plus de chemin mais j'avance sur ma route


Les fièvres de la vie me reprennent, tendant les voiles qui saignent

Le sourire de tes yeux dans mon cœur, ta tchatche et ton air moqueur

Parfois je te revois, une pirouette de saltimbanque

Me rappelle à toi, je crois que tu me manques


Et la mort vers toi s'est penchée,

Emportant avec ton souffle ma chance de te reparler

Je regrette tellement

J'ai agi en enfant


Des ailes brisées, aux sceaux enflammés

La peur de mourir et l'oubli, je respire

Tu es si important à mes yeux nom de Dieu !

J'étais brisé quand tu m'as nié !

Anaëlle au bout du fil,

Le monde devient fraisil


Un, deux, trois quatre

Les ans s'enchaînent, je dois me battre

Contre moi même pour ne pas t'inviter

Contre le bon sens, j'écoute la fierté

C'est toi qui ne voulais plus me parler

Puis tu changeas d'avis, alors j'ai patienté

Mais la vie t'a fauché.

Nous serions nous reparlé?

Ami amaril, Edoran Simalae, rôdeur du grand Nord

Tu es en mon cœur éternel ami, un immense trésor

Jamais épuisé.



Flot

*

Et les plages ! Comme file l’horizon !

L’hécatombe en mon nom !

Et les splendides aurores, aux fronts nacrés de sourds

Je revêts mes atours

Et chante mon avènement

Volatile et rêvant

Les riches côtoient les pauvres et nient leurs mains tendues

Les routes n’existent plus, je refais mon salut

La vigne est l’errance pour ces âmes en partance

Dans l’impossible fièvre délétère

Qu’est leur vie de misères

Des dames rouges assaisonnent les salades des rois noirs qui picorent prétentieux

Les gains mous des valets, subalternes ambitieux

Les rages de dents effraient-elles à nouveau les enfants ?

Les ires, les arts, la couture de la nuit, n’est pas à son premier nu

Ils se baladent, épars jetant leur dévolu

Sur quelque concept, idéal adorable

Que parfois, elles subliment, lamentable

**

Et les cris, et les rêves

Se déchirent dans la grève

Comme des voiles qui se tendent

Aux vents du firmament

À l’espoir trop puissant

En ces eaux extasiées

Et ton nom ! En ces murmures dorés

Foulent de nombreux baisers

Mais les bateaux d’antan

Tonnent ton nom ! Oh ! Mon sang !

La perte écorche le jour, la couche dans ses pénates

La douleur asphyxie en ces ères calmes et plates

Et la foule qui se tend vers ces miroirs d’argent

Et les rêves et l’azur ! Et le vent se levant

Qui balaie les frontières assoiffées des lagunes

Les chants doux et amènes brisent les rangs d’infortunes,

Nous laissent seuls et gris, allongés sur la dune

La perle d’un seul de ces naufrages

À coûté bien plus de coquillages

Damant les ponts d’antan, brisant les bastingages

Sabrant, à l’abordage !

* * *

Le roi est ému

Par des portiers ingénus

La fibre m’encaisse dans ses hongres égarés

Les esprits saints éclosent et fleurissent par millier

Les anges dans leur chant m’énoncent la ridule

C’est donc sans hésiter que je place la virgule

Frac, fric, l’esbroufe tante ignare égare par sa morne étude

Les taux sont instables et libèrent l’inquiétude

Les biens, sereins assènent

Des coups, fortins, déveines

Et nous répondons, bref

L’attitude sans relief

De nos pauvres incartades

Ne sont pas des pommades

Les firmes brûlent l’Alaska et ravagent notre toit

Non mais qu’est-ce qu’il y a ? ? ?

Ne touchez pas à ça !

Et ce n’est pas qu’à moi !

Un combat dans les astres a brillé

Pour toute l’humanité

Des signes aux larmes

Une danse, un drame

Les rivages sont bien morts

Maquillés, on a tord

* * * *

Les bas blessent depuis peu

Depuis que respirer mon vieux

Est plus toxique que vivre

Et que dire de ces livres ?

Sémaphores au tournant !

Accessoires aliénants

Des rêves dans un autre rêve

Une antienne se couche

Les saisons se bouchent

Face au brisant des temps

Ils revêtent leurs vêtements

Et baisent la guillotine

*****

D’un faisceau fort charmant

Nous faisons des enfants

Mais leurs drèves

En cette soirée s’achèvent

Car la mort au tournant

Spectatrice au courant

Nous liera à ces jeux

De pouvoirs véreux

Nous les avons soufferts

Passifs ou ténébreux

Accusant cette bonne terre

D’être digne des cieux !

******

Algides, les mots nous bercent au soir

Les prisons sont autant l’espoir

D’un peuple devenu fou

Par toutes ces chasses aux loups

Ils ne l’ont pas tué..

Dame torture s’amusait, engraissant

Gros Pochard ; nommé aussi Dollar

Euro, Yen ou devise

Que le vide pérennise

Non nos prisons d’un seul

Ne brulent pas en nos cœurs

Non les prismes et linceuls

Ne brimeront nos heures

*******

Vie, trime, ravage de nos arts

Chaque jour un peu plus sabotent nos espoirs

Les mamies suppléent aux vices

Ce que l’été annonce à l’hospice

Les rides de joies formées

Sur ton visage je sais

Me sont destinées

Me sont destinées

********

Nous avons fuis le temps

Où nous volions, enfants

Pirates astraux de l’air

Tant de rameaux éphémères

Mais ces sillons s’installent

Et la vie continue

Insaisissable voile

Non que rien n’atténue

Je trime, tu vois

Loin des regards perdus

J’ai froid des fois

Mais je ne recule plus

Le ciel est mauve et chasse les oiseaux

Ils se sont tous posés

Déchirant les drapeaux

Deux canards amoureux bavardent gentiment

Dans le parking d’en face, mais quels doux sentiments !

Les femmes des soirs badinent, se perdent en prélats !

Les larmes noires, balisent les joues, terrassent les joies

*********

Ils filent à l’horizon

Délaissant les raisons

Qui les poussent à se battre

Pour se perdre ou s’ébattre

Les tiges folles dansent à l’apparition

Des eaux noires de l’espoir

Naissant dans l’émotion

Dans la vie d’autres roires

C’est curieux que de croire

Que retrouver les siens

Plus perdus que nos mains

Les dalles ont parlé

La peur est figée,

Salut.

**********

Dantesque comédie, écoutant la raison

J’ai tant nié la mienne, j’ai souffert de pressions

Je me retrouve enfin

Semi-libre et serein

Dans une frasque d’airain

Entonnant un refrain

Les poules font des œufs

Les œufs font des poules

Il en va ainsi

Pour décrire l’infini

Faites donc taire la raison !

Pour certaines questions

Il vaut mieux l’aborder

Par d’autres côtés

Les enfants ont comprit

Qu’ils avancent plus vite

Sans lanterne ou mépris

Et sans conjonctivite

Nous, adultes avons oubliés ces temps

Où dansaient les arbres, murmurait le vent

Essayons quelques temps

De remonter le courant

Pour que cessent ces pensées

Flot sublime délivré

***********

Une cacophonie en l’air

Blabla, barbules dans la guerre

Les larmes auraient raison

Nous manquons de tisons

Pour accueillir nos flammes

Tantôt refoulées, adieu mon âme !

Je revêts mon manteau

De magma et je veux, jumeaux

Que vous fassiez de même !

Que les patriciens sèment

Au samsara leurs dieux

Ces formidables lieux

Que les ancêtres entonnent

Leurs chants sages et claironnent

La plus formidable ire

Qui détruit tout empire

Que renaisse de ces cendres

Les pourceaux de la lande

Et se forme, pour une fois

Ce pays d’autrefois

Les astres m’en sont témoins

Que tous se donnent la main

Brûlez donc ces frontières !

Cessez-donc toutes ces guerres !

Nous sommes tous bons marins

À bord du Sentiment.


Ebähaundr


I.                    

Tronc puissant, pilier de l’univers

Tes branches éclatent au vent

En de géants vaisseaux capillaires

L’un de tes bras, dauphin

Jaillis, quel style, en arrière

Un autre se tend au loin

Désir d’effleurer l’horizon

Telles celles du fils, du père

Qui brûlent dans la chapelle au nom

Caché sous les ailes des cygnes

Toi aussi est sacré

À ton flanc je suis bien

Tu es un frère entier

Tu connais les chemins

Et pourtant

Malgré ta stature

Titanesque pour sûr,

Tu es rongé l’ami

Par un sombre champi

 

 

 

 

 

II.                 

Les rêves semblent m’avoir guidé

Près de toi

Je ne suis plus seul

En ces bois

Et les saisons soupirent

Et ton état empire

Hélas !

Ton écorce se fend

Trop profond trop dément !

Le phare

De ces terres adorables a parlé

La mare

Près de lui a séché

Ses larmes

Et l’angoisse au tournant,

Je n’ai pas su t’aider

Enfant !

Je suis là près de toi

Et t’aime follement

Je voudrai te sauver

Mais je ne sais comment

Je m’en vais te montrer

Mon amour océan

 

 

 

III.              

Sur ta plus haute branche, un oiseau s’est posé

Tu l’accueilles ce dimanche, rieur et enjoué

La peste t’accable encore, mais tu vis tel un prince

Dans un sombre couloir, tout en haut d’un clocher

Les badauds se promènent, chacun sa vie…Oh mince !

Un gamin joue aux forts, tord une branche de l’obier

Il cesse la guerre enfin, pour mieux la préparer

 

 

IV.              

 

 

Une autre est attachée au dos du plantureux géant

Se dressant souveraine, aile d’un cyclope angélique

Aucun faon ne passe plus, en ces terres et pourtant

Autant de serfs bavassent et trépassent en cliques

Je n’ignore pas les claques

Que la vie me renvoie dans un sac

La malice des tourments ici  pleure le vent

Ces larmes guérissent les plaies

Si tu écoutes les haies

L’hymne des frondaisons

Qu’importe la saison

Tes frères au sang fragrant te bercent l’amitié

De la racine à la canopée

Qu’importe tes crimes, oubliant tes rêves

Les anges des cimes te portent en leur sève






Désert